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| Travaux | Réunion de colonies en choisissant la reine sans devoir la rechercher.Il arrive souvent de trouver des colonies faibles au printemps pour diverses raisons : le nourrisement a été effectué tardivement, la maladie s'est installée dans le rucher, l'hivernage s'est passé dans de mauvaises conditions (endroit humide, dérangements, mauvaise exposition, la meilleure étant plein sud).
En cas de nosémose, nous soignerons au plus tôt. On ne réunit pas les colonies nosémateuses, elles ne sont pas toujours également atteintes. On ne réunit pas non plus des colonies faibles entre elles, on obtiendrait qu'une colonie faible. Elles seront toujours ajoutées à une colonie forte. Une ou plusieurs ruchées faibles remises dans une colonie forte donneront une ruche très forte.
"L'organisé reçoit toujours le désorganisé", c'est un des grands principes à respecter en conduite apicole, lorsqu'on procède à des réunions. Ces dernières se feront, en période de pillage, de préférence le soir, peu avant la tombée de la nuit, pour que tout soit rentré dans l'ordre le lendemain à l'aube.
Nous procéderons de la manière suivante : nous aurons à notre disposition une ruche vide en bon état, aux mêmes dimensions que les deux autres ; les deux colonies seront, si possible, proches l'une de l'autre ; la ruche vide, dont le trou de vol est ramené à 20 cm de largeur en son centre, est placée entre les deux autres à réunir ; celle qui doit garder sa reine est enfumée, puis ouverte rapidement et, dans l'ordre trouvé, les cadres contenant le couvain sont placés dans la ruche vide, au centre ; les cadres contenant des provisions importantes sont mis en rive d'un côté, le tout avec les abeilles ; nous plaçons une rampe de la planche d'envol jusqu'au sol, servant d'aire d'atterrissage, pour les abeilles désemparées ou en dérive. La seconde colonie est enfumée et ouverte à son tour ; les cadres en sont retirés et secoués au-dessus de la rampe, afin de les débarrasser des abeilles ; ceux contenant le couvain sont placés à côté des autres afin de refaire un ensemble ; la ruche est complétée, si nécessaire avec les cadres de provision de la duxième ; elle est rapidement refermée. Les deux autres sont immédiatement enlevées et rangées, ainsi que les cadres en trop.
Que se passe-t-il entre nos abeilles réunies ? En première phase, celles de la première ruche et leur reine se retrouvent dans une ruche étrangère ; au moment où elles en prennennt possession, viennent s'adjoindre des cadres étrangers et des abeilles étrangères pénétrent par le trou de vol en battant le rappel pour en demander la permission. En somme, elles se trouvent toutes dans un endroit inconnu, la première en position de force (l'organisée), avec sa reine dans le groupe, la deuxième en situation de faiblesse (la désorganisée), avec sa mère sur la planche d'envol. En territoire étranger, les abeilles ne se battent jamais.
Que vont devenir nos reines ? La première dans le groupe organisé siège en trône ; la deuxième, dans la cohorte désorganisée, quémande la rentrée. Elle va entrer dans la ruche et sera tuée par ses dernières fidèles qui vont la peloter par surprotection. Dans les ruches, les reines ne se battent jamais entre elles ; la nature ne prend pas de risques surtout quand il s'agit de la pérennité. (Dans un combat de coqs, le moribond a parfois tué son adversaire dans un dernier soubresaut).
Ce sont les apiculteurs qui provoquent les combats de reines en les mettant en présence !
(Noël MICHEL)
Date de création : 08/08/2003 @ 13:47
Dernière modification : 08/08/2003 @ 13:47
Catégorie : Au printemps
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